Les JO c’est pas jojo

, par Seb

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 Spectre — Le grain de son

Édito

Ils sont bientôt là, vous n’attendez plus qu’eux, je suis sûr que vous brûlez d’impatience à l’idée de les voir démarrer, je veux parler des Jeux Olympiques de Paris 2024 ! Est-ce que la flamme passera près de chez vous ? Combien de médailles remporteront les athlètes français ? Est-ce que la fête sera réussie ? Voilà les questions que vous vous posez certainement toutes et tous.

Un manifestant renvoyant une lacrymo avec une raquette de tennis pendant les manifestations contre la loi travail (2016)
https://www.contretemps.eu/violences-policieres-crise-regime/
Stephane Mahe — Reuters

A moins que vous ne fassiez partie de ces rabat-joie, de ces trouble-fête, de ces « peine-à-jouir », pour reprendre les termes de Madame Anne HIDALGO, qui en a « ras-le-bol du bashing des Jeux » et qui fustige ainsi ceux qui, je cite, « n’ont pas du tout envie qu’on puisse célébrer quelque chose ensemble ». C’est vrai, quoi, si on peut même plus s’amuser un peu.

Et comme vous vous en doutez, amis auditrices et auditeurs, nous, à Attac et au Grain de Son, nous faisons bien entendu partie de ces esprits chagrins. C’est que, pour filer la métaphore sexuelle de la maire de Paris, le revers de la médaille Olympique ne nous fait pas franchement fantasmer. Et les dessous des JO ne nous excitent pas vraiment.

Couverture du livre de Jade LINDGAARD :
"Paris 2024. Une ville face à la violence olympique"
(éd. Divergences)
https://www.editionsdivergences.com/livre/paris-2024-une-ville-face-a-la-violence-olympique

Nettoyage social de la capitale, gentrification, privatisation de l’espace public, surveillance généralisée, droit du travail bafoué, gabegie d’argent public, greenwashing, culte de la société de consommation, etc., etc… La belle image d’une manifestation censée nous faire communier dans la paix et la fraternité en prend un sacré coup. Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas propre à l’édition de 2024, cela fait des décennies que ça dure. Il en a peut-être même toujours été ainsi. A chaque fois, les mêmes dérives sont dénoncées, que le pays hôte soit une démocratie, comme à Montréal en 1976, où les contribuables québécois mettront 30 ans à rembourser le coût des Jeux, ou qu’il s’agisse de régimes autoritaires comme à Pékin en 2008, où la vidéosurveillance à reconnaissance faciale a pu se déployer. Sans parler, bien entendu, des Jeux Olympiques de Berlin en 1936, qui offrirent une formidable vitrine au régime nazi de l’époque.

Mais peut-on vraiment parler de « dérives » ? Les scandales qui émaillent la préparation des Jeux Olympiques, édition après édition, et que l’on retrouve dans d’autres grands événements sportifs internationaux, ne sont-ils pas plutôt indissociables de ce qu’on appelle le sport-spectacle ? Les atteintes à l’environnement, la violation des libertés publiques, le déni de justice sociale et le peu d’attention accordé au respect des Droits de l’Homme ne sont-ils pas inévitables dans un système de marchandisation du sport, pure expression du système capitaliste dans lequel il s’intègre ?

C’est bien possible. Faut-il pour autant s’y résigner ? Rien n’est moins sûr. Et n’en déplaise à Mme HIDALGO et à tous les aficionados des Jeux, un peu partout en France, des « peine-à-jouir » prennent la parole pour dénoncer l’imposture olympique.

Invité·e·s :

  • Thomas, militant Saccage 2024 et membre d’Attac France
  • Nicolas BONNET, porte-parole EELV Auvergne

Musiques :

  • Droges : Paris 2024 (on n’est pas prêts)
  • Frédéric Fromet et Guillaume Meurice : Les Daft Punk aux JO
  • DJ Viral : JO Paris 2024
  • Seb le Rêveur : JO 2024 Paris

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Crédits :