Prisons : libérons nous des idées reçues
Podcasts
– ep 1/4 : Les conditions de détention
– ep 2/4 : à paraître
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– ep 4/4 : à paraître
– Spectre — Le grain de son
Édito
Ami·e·s auditrices et auditeurs, aujourd’hui le Grains de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, vous emmène en prison !
Pas franchement une destination de rêve, bien que la prison, si l’on y réfléchit bien, peuple nos imaginaires dès notre plus tendre enfance. Depuis tout petit, on nous répète en effet que la prison, c’est là où vont les méchants, et que c’est ce qui nous attend si l’on dévie du droit chemin. Du Jeu de l’Oie au Monopoly, la prison nous guette, le cachot nous attend.
https://www.architecturaldigest.com/story/secrets-of-alcatraz-5-facts-about-the-notorious-prison-you-probably-didnt-know
Pourtant, que sait-on vraiment de l’univers carcéral et de sa réalité ? Pas grand-chose. La question est totalement absente du discours politique. De temps en temps, un politicien véreux fait un tour dans les quartiers VIP de la Santé, il nous pond un bouquin pour pleurnicher sur son sort, mais il ne nous dit rien des conditions de vie des détenus ordinaires. Les médias ? En dehors des évasions rocambolesques, le sujet ne les intéresse pas.
Si bien que l’on peut se poser la question : si les murs des pénitenciers sont si hauts, est-ce pour empêcher les détenu·e·s de s’enfuir, ou pour nous empêcher de voir ce qui se passe à l’intérieur ? Car de ce qu’on en sait, la situation dans les prisons françaises n’est pas très reluisante. À intervalles réguliers, un arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme dénonce les conditions indignes de détention dans notre pays. Le dernier en date remonte au 15 janvier 2026, il y a tout juste une semaine : la CEDH estime que les conditions d’incarcération dans nos établissements vétustes et surpeuplés constituent des traitements inhumains et dégradants. Et en matière de surpopulation, la France est championne. Le taux moyen d’occupation des maisons d’arrêt est de 163%, certains établissements dépassant allègrement les 200%, avec tout ce que cela implique en termes de conditions de vie, de respect des droits fondamentaux comme la santé ou l’intimité, et de possibilité de réinsertion.
Pour sortir de cette situation, il faudrait désengorger les prisons et donc commencer par y faire entrer moins de monde. Ce n’est pas le choix que fait la France, qui préfère construire de nouveaux établissements, et qui parallèlement enferme à tour de bras. Simple effet de la hausse de la délinquance ? On peut en douter : la population carcérale a augmenté depuis 1975 huit fois plus vite que la population totale. Les peines d’emprisonnement sont de plus en plus lourdes, et constituent l’unique réponse à la transgression de la loi. À mesure que l’état social se délite, l’état pénal prend le relais.
Tout ça pour quel résultat ? Le moins qu’on puisse dire est que l’objectif en matière de dissuasion est loin d’être atteint. Le durcissement des peines n’y change rien, la prison est une machine à récidive. Plus de la moitié des détenus retournent en prison dans les 5 ans qui suivent leur sortie. La réinsertion est pourtant possible, mais pour cela il faudrait commencer par considérer les femmes et les hommes emprisonné·e·s comme des citoyennes et citoyens à part entière. C’est ce que se sont efforcés de faire, pendant des années, nos invités du jour : Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral, et Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l’association Albin qui apporte des savoirs universitaires en milieu carcéral.
Invité·e·s :
- Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l’association Albin
- Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral
Musiques :
- Renaud : P’tit voleur
- Passi : Le Maton me guette
- Trust : Le Mitard
- Akon : Locked Up
Liens :
- Association Albin, https://association-albin.org/
Attac63
Un autre monde est possible