Rien n’ESR de courir, il faut partir des besoins

, par Seb

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– ep 1/4 : Moyens et financements
– ep 2/4 : à paraître : Inégalités à l’université
– ep 3/4 : à paraître : Attaques contre l’université et répression
– ep 4/4 : à paraître : Propositions et perspectives
– Spectre — Le grain de son

Édito

Amies auditrices et auditeurs, aujourd’hui le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, vous emmène sur les bancs de l’université. Ah, la fac ! celles et ceux d’entre vous qui ont eu la chance de suivre des études se souviennent peut-être de cette époque avec nostalgie. La vie d’étudiant, c’est le temps de la jeunesse, le temps des amours, le temps de la révolte aussi. En un mot, c’est le temps de la liberté. Oui, nos années fac, nos années post-bac, ce sont des années heureuses, c’est le bon vieux temps comme on dit.

Ou pas. D’après une enquête de l’Union Étudiante menée fin 2025, la précarité étudiante explose : 20% des étudiants et étudiantes peinent à boucler leurs fins de mois. Après avoir payé leur loyer, leurs factures et leur alimentation, un tiers d’entre elles et eux ont un reste à vivre de moins de 50 €, et pour les 10% les plus précaires ce reste à vivre n’est même pas de… 1 € ! Si bien que 23% des étudiants ont déjà renoncé à se nourrir et 28% à se soigner pour raison financières, et près d’un sur deux vit dans des conditions de logement précaires.

Résultat : près d’un étudiant sur deux travaille en parallèle à ses études, et 90% estiment avoir vécu des périodes de détresse psychologique. Pas de chance, on compte moins d’un psychologue conventionné pour 1000 jeunes en formation universitaire.

Du côté de l’institution, le constat n’est guère plus reluisant. Selon un rapport de la Cour des Comptes, plus du tiers des établissements universitaires est dans un état peu ou pas satisfaisant – doux euphémisme pour désigner les bâtiments vétustes assimilés à des passoires thermiques, où les normes de sécurité ne sont pas respectées.

Plus globalement, 80% des universités sont en déficit. Une situation financière due avant tout au désengagement de l’État. Mais on connait d’avance la recette des ultralibéraux : pour rééquilibrer les comptes, il suffit de réduire les dépenses, d’abaisser la qualité du service, de renforcer la sélection pour ne plus avoir à prendre en charge des éléments peu rentables, et ainsi pousser toujours un peu plus les usagers vers une offre privée qui se taille la part du lion.

Voilà comment la jeunesse est sacrifiée sur l’autel du profit et de la rentabilité. Les étudiants d’aujourd’hui sont pourtant les forces vives de demain. Plus qu’une politique à courte vue, il s’agit d’un formidable gâchis.

Alors la jeunesse se rebelle, et les étudiantes et étudiants, comme les lycéennes et lycéens, descendent dans la rue et bloquent leurs établissements. Et avec eux, les personnels universitaires, les enseignants, les chercheurs, les bibliothécaires… Et bientôt tout un pays. Pour crier haut et fort que la situation ne peut plus durer. Et qu’il est grand temps de répondre autrement que par la répression et par l’austérité aux revendications légitimes de toute une génération.

Invité·es :

  • Avril, étudiante et membre de l’Union Étudiante d’Auvergne
  • Orianne VYE, bibliothécaire et membre du SNASUB-FSU
  • Stéphan BERNARD, ingénieur d’étude et membre de SUD Recherche

Musiques :

  • BRICHAPIK & RANDJESS : Étudiants
  • Bob Bissonnette : Université
  • Malik Oussekine
  • On est là et on ne se taira pas

Liens :